La moyenne académique des copies de philosophie, au baccalauréat, est souvent assez faible (entre 7 et 9). Sans aucun doute, il est possible d’améliorer cette moyenne en suivant un certain nombre de règles. Aux règles communes exposées dans cette fiche, s’ajoutent les règles propres à chaque exercice, qui sont spécifiées sur les pages consacrées à l'explication et à la dissertation.

    Pour réussir votre devoir de philosophie, dissertation ou explication, vous devez impérativement suivre les règles suivantes :

    Règle 1. La règle de la connaissance : 

    Il faut avoir un certain nombre de connaissances philosophiques.


    Vous devez connaître des définitions, des distinctions conceptuelles, des arguments, des thèses, de grands problèmes. Cela suppose que vous révisiez votre cours. Il ne s’agit pas d’apprendre par cœur, mais de comprendre de quoi il est question, ce qui suppose, pour quelqu’un doté d’une intelligence normale (c’est-à-dire à peu près tout le monde), un certain temps. Il n’est pas possible de réussir une copie de philosophie sans connaissances philosophiques, en se laissant guider par l’inspiration que l’on trouverait grâce aux muses grecques, bachiques, jamaïcaines ou ailleurs. Une des raisons probables du fait que les moyennes de philosophie sont en général assez basses au baccalauréat est que les élèves ne possèdent pas ces connaissances, qui ne peuvent pas être acquises uniquement par bachotage : il faut, avant de les bachoter, les avoir comprises, ce qui suppose en général un assez gros effort. La rubrique « Ce qu’il faut retenir » sur les plans des cours vous donne un aperçu de ce qu’il faut savoir. C’est un minimum.

    Règle 2.  La règle de la mobilisation des connaissances non philosophiques :

    Il faut avoir un certain nombre de connaissances non-philosophiques (en science, en art, en droit, en politique, etc.) et ne pas hésiter à les mobiliser lorsque c’est utile.

    La philosophie s'efforce de traiter de la réalité et suppose donc des connaissances provenant d'autres disciplines.

    Règle 3. La règle des deux brouillons.

    Il faut faire deux brouillons.

    Il est impossible —sauf pour quelques intelligences exceptionnelles, donc rares— de rédiger immédiatement un devoir correct. Il faut donc rédiger deux brouillons : le premier est destiné à recueillir l’ensemble de vos idées, bonnes ou mauvaises ; le second a pour fonction d’élaborer un plan détaillé de votre devoir. Vous obtenez le second brouillon en mettant en ordre les idées du premier brouillon.

    Le premier brouillon est destiné à noter tout ce qui  vous vient à l’esprit à la lecture du texte ou en réfléchissant sur le sujet.  Sur ce brouillon pourront figurer : la formulation  de  certaines  parties de votre devoir, la reformulation de certaines parties du texte, des  références, des  tentatives  d’explication.  Explorez les difficultés, recherchez des arguments, des objections, des exemples à travailler (qui soient suffisamment universels pour servir l’argumentation : pensez à vos connaissances scientifiques, littéraires, cinématographiques, artistiques… Evitez de parler directement de vous et de votre vie), des distinctions qui pourraient être utiles. Demandez-vous si certains textes que vous avez étudiés pourraient vous être utiles. Marquez tout ce qui vous vient à l’esprit, pour faire le tri ensuite.
    Ce qui figure sur le premier brouillon ne doit pas nécessairement se trouver dans votre devoir. Ce brouillon comprendra un grand nombre de ratures, de flèches et autres indications  personnelles.

    Attention N’essayez pas de procéder de façon ordonnée lorsque vous confectionnez  le premier brouillon (ne décidez pas de commencer par l’introduction, puis de trouver le plan, puis...). N’essayez pas non plus de rédiger un texte. Si vous procédez de la sorte, vous pouvez être sûr que rien ne vous viendra à l’esprit.

    Sur le premier brouillon, il est important de faire un synopsis (un plan succinct) de ce que vous allez faire dans votre devoir, afin de voir si votre propos est ordonné et si vos parties se suivent.

    Le  second  brouillon  comprend le plan détaillé de votre devoir, l’introduction et la conclusion rédigée. Un plan  détaillé n’est pas qu’un plan indiquant les parties et sous parties et leur donnant un titre :  l’intégralité du contenu du devoir final doit y figurer. Ce second brouillon terminé, il ne vous  reste  plus  qu’à  rédiger,  c’est-à-dire  à  vous  occuper  de  la  forme  de  votre  devoir,  de  la  rhétorique.

    Attention Ne rédigez pas le second brouillon (en tout cas, ne le rédigez pas entièrement). C’est une perte de temps qui ne vous permet pas d’avoir une vision synthétique  de votre devoir et qui vous empêche de vous concentrer sur ce qui est essentiel : le contenu. Vous rédigerez directement sur votre feuille d’examen. Mais n’oubliez pas de tout y faire figurer. On doit notamment avoir une idée claire des arguments et de la structure.

    C’est le second brouillon qui garantit la clarté et l’efficacité de votre devoir.

    Vous serez évalué sur la clarté de vos idées et la structure de votre devoir. Penser prend du temps et suppose que l’on revienne en arrière. Une pensée jetée immédiatement sur le papier est rarement bonne : dans le meilleur des cas, il faut la développer.


    Règle 4.

    N’essayez pas d’utiliser un niveau de langue que vous ne maîtrisez pas.

    Il faut essayer d’avoir l’expression la plus claire possible. Les questions traitées étant difficiles, ne compliquez pas les choses en utilisant du vocabulaire que vous ne connaissez pas, en inventant des mots ou en faisant des phrases trop longues.

    N’hésitez pas à consulter dictionnaires et livres de grammaire. Évitez les expressions entre guillemets quand vous ne trouvez pas la formulation exacte : faites des phrases quand ce que vous voulez dire est inexprimable avec un mot.


    De manière générale, évitez l’emphase et le lyrisme inutile, les poncifs (« De tout temps, les hommes etc. », « Les plus grands esprits de tous les siècles en ce bas monde ont toujours affirmé que, etc. », « Dans les galaxies les plus lointaines etc. » : d’abord vous n’en savez rien, ensuite ça n’apporte aucune information, enfin c’est ridicule).
    Ne cherchez pas à faire de l’esprit ou des jeux de mots, c’est particulièrement irritant dans un devoir.
    Recherchez plutôt la maîtrise du style, la concision, soyez précis et clair (lisez des textes du XVIIe siècle —Les provinciales de Pascal ou La logique de Port Royal, par exemple— et vous comprendrez ce que cela veut dire). Soyez honnête avec votre correcteur et avec vous-même. 


    Règle 5

    Relisez-vous.

    Supprimez  les fautes d’orthographe les plus évidentes, ajoutez les mots que vous avez oublié. En général, vous faites toujours les mêmes fautes : ne pas parvenir à les corriger à la fin de l’année suppose que vous n’avez rien fait pour vous améliorer durant l’année. Ponctuez adéquatement. Ne négligez pas la ponctuation : elle est indispensable à une bonne compréhension. Il importe que votre syntaxe soit correcte.

    Règle 6

    Soignez la présentation de votre devoir.

    La présentation de votre devoir doit manifester de façon visible, par des sauts de lignes systématiques entre les parties et les sous-parties, la structure de votre devoir. Vous pouvez, par exemple, sautez 5 lignes entre les grandes parties et 2lignes entre les sous parties.

    Sachez que beaucoup de correcteurs ont l’habitude, avant de rentrer dans la correction, de jeter un coup d’œil sur le devoir pour voir s’il paraît structuré. Faites des paragraphes dans vos parties, en les organisant autour d’une idée  (une sous-partie = un paragraphe = une idée (par exemple, un argument ou une distinction conceptuelle).


    Faites également en sorte que votre devoir soit lisible et propre. Même si votre devoir est bon, le fait qu'il soit mal présenté le rend difficile à lire et, bien que le correcteur doive faire abstraction de tout préjugé, cela introduit un biais dans sa correction.

    Règle 7
       
    Soyez clair.    

    Partez de l’hypothèse que vous ne savez pas qui vous lit : ayez le soin de vous faire comprendre, de ne pas obliger le lecteur à deviner ce que vous voulez dire (il n’en aura pas toujours le temps ni la patience). Expliquez-vous ! Dites-vous bien que plus vous aurez passé de temps au brouillon, plus votre travail rédigé sera ferme et solide. En outre, si votre devoir n’est pas clair, on peut supposer que c’est parce que vous ne  comprenez pas ce que vous voulez dire. Ne confondez toutefois pas clarté et trop grande simplicité. On peut utiliser un vocabulaire riche et technique, argumenter de façon serrée tout en étant clair.