Nous ne sommes pas identiques aux livres que nous lisons mais sans eux nous ne serions pas non plus les mêmes. (R. Nozick, Méditations sur la vie, Paris, O. Jacob)

Un livre de philosophie, c’est à la fois un livre difficile mais c’est aussi un objet tout à fait accessible, une boîte à outil formidablement ouverte pourvu qu’à ce moment on en ait besoin, envie. (G. Deleuze, Pourparlers, Paris, Editions de Minuit, 1990, p.40) 



Note—Dans cette fiche il est avant tout question de philosophie mais, comme d’habitude, vous pouvez procéder de la même façon (ou à peu près de la même façon) ailleurs. Il est important de fabriquer des outils avec lesquels il soit agréable de travailler. 

Introduction 


À quoi sert-il de lire ? On peut lire pour se distraire, prendre plaisir à une histoire : lire Le père Goriot de Balzac, l'une ou l'autre aventure de Oui Oui d’Enyd Blyton, Le seigneur des anneaux de Tolkien, Le cycle de fondation d’Asimov, Harry Potter de J.-K.Rowling, la série d’albums de bande dessinée Blueberry de Jean Giraud, la série GTO de Torû Fujisawa. On peut lire pour se masturber : lire Playboy, Hustler ou SM Sniper (lit-on vraiment ou regarde-t-on seulement des images ?). On peut lire pour découvrir et prendre plaisir à des innovations formelles : lire les poèmes de Stéphane Mallarmé ou La disparition de Perec (Ce livre où l'on ne trouve aucun « e »). On peut lire pour s’informer : chercher des trucs de cuisine dans Cuisine Magazine, faire de la cuisine moléculaire avec Hervé This, découvrir la décoration de l’appartement d’une personnalité dans Gala, tenter de déterminer les mensurations d’une star ou d’une starlette grâce à une photo volée de Voici, prendre connaissance des dernières découvertes en génétique dans Science & vie ou mieux, dans Nature. Mais on peut lire aussi, et c’est l'un des usages les plus intéressants de la lecture, pour se transformer soi-même en provoquant autre chose que des émissions d’endorphines, de sperme ou de topos de culture générale qui ne servent qu’un snobisme de pacotille. Lire de bons romans peut nous détendre, mais aussi élargir notre imagination, nous faire comprendre des situations complexes, développer notre sensibilité morale. Lire des livres de mathématiques nous oblige à raisonner droit. Ainsi, en lisant, on peut modifier ses capacités, sa façon d’appréhender le monde et d’agir : on modifie ses croyances et ses désirs. En ce dernier sens, la lecture est une activité vitale, pas au sens où la lecture est nécessaire à la survie (quoique si plus personne ne lisait notre survie serait sans doute difficile), mais au sens où la lecture est une condition de la vie bonne. Celui qui lit a du mal à se représenter le monde de celui qui ne lit pas autrement que comme un endroit étroit et morne. Ce dont celui qui ne lit pas ne se rendra sans doute pas compte, bien sûr, mais il ne sait pas ce qu'il perd. 

Le problème est que lire est une activité difficile et qu'il faut apprendre à lire, surtout si l’on veut profiter au mieux de ses lectures et ne pas perdre son temps. Le travail qu’il est nécessaire de réaliser quand on lit est un travail d’écriture.

Que lire ? 


Lecture et problème 


Il y a beaucoup de livres de philosophie ou d’autres disciplines qui ne semblent répondre à aucun des problèmes qui nous concernent. Un bouquin sur les chevaliers paysans de l'an mil au lac de Paladru, par exemple, ou un texte sur la cinquième méditation cartésienne de Husserl. En fait, il n’y a pas beaucoup de bons livres vraiment inutiles, même si les problèmes auxquels ils répondent ne semblent pas ordinaires. Souvent, les livres de philosophie les plus difficiles et les plus abstrus répondent à des problèmes que les philosophes ont rencontrés en résolvant des problèmes plus ordinaires : des problèmes existentiels, des problèmes pratiques ou des casses-têtes que vous rencontrerez sans doute lors de vos réflexions, de votre existence ou de vos activités, ou peut-être simplement par curiosité. Cela quand vous ferez de la science, vous déciderez pour un candidat à des élections, une façon de vous nourrir, de consommer, d’aimer ou de mourir. 

Tout livre de philosophie est donc connecté à un problème que l’on peut rencontrer dans des activités diverses. Et cela vaut pour les livres d’autres disciplines : tout livre est une réponse à un ou plusieurs problèmes. Un historien peut chercher à prendre position dans une controverse, à renverser un ordre d’explication, à introduire des liens nouveaux entre des faits, etc. Il y a des problèmes que vous ne rencontrerez peut-être jamais, ce qui n’exclut pas que d’autres les rencontrent. Peut-être que vous n’aurez jamais à vous demander ce qu’est un nombre ou un événement, mais ce serait avoir une vision du monde très restreinte que de croire que, parce que vous n’avez pas ce problème, ce problème n’existe pas. On peut résumer tout cela dans le schéma suivant : 


Ce schéma indique que la résolution d’un problème fait surgir d’autres problèmes qui, à leur tour, font surgir d’autres problèmes, etc. On ne peut répondre au problème 1 que si on résout les autres problèmes. Le risque est de ne jamais répondre au problème 1 parce qu’on ne peut répondre aux autres problèmes. C’est le lot de la philosophie où la discussion semble parfois être sans fin. 

Retenez simplement que ce n’est pas parce qu’un livre ne vous a pas intéressé, que vous n’y avez pas trouvé de réponses à vos questions, qu’il faut rejeter tous les autres livres en blocs. Il y a sans doute un livre qui répond à un problème que vous vous posez. Les livres sont des extensions de notre expérience et permettent de l'intensifier. 

Comment organiser et choisir ses lectures ? 



Règle 1
Il est important d’approfondir un problème particulier. 


Il faut d’abord lire des livres qui concernent des problèmes que vous rencontrez et qui vous embêtent. Il y en a toujours au moins un dans une bibliographie. Vous verrez que peu à peu, vous serez obligés de lire des livres différents, portant sur d’autres sujets, du fait que le problème que vous vous posiez au départ y renvoie. Le mieux est d’essayer le livre, d’en lire une partie ou des parties (l’introduction et la conclusion ainsi que quelques chapitres alléchants dès lors que c’est possible) : il ne faut pas renoncer sans avoir fait d’efforts, un livre n’étant pas, en général immédiatement compréhensible. Souvent on comprend vraiment un livre plusieurs années après sa première lecture. Rien n’est d’ailleurs immédiatement compréhensible : quand une chose semble facile à comprendre, c’est que l’on ne se rend pas compte que sa compréhension suppose de notre part un certain nombre d’activités cognitives auxquelles nous avons longtemps été préparées. Si vous relisez Oui Oui, vous verrez que c'est beaucoup plus facile qu'à une certaine époque. Après avoir lu beaucoup, des choses qui paraissent difficiles à d’autres vous paraîtront aisément compréhensibles. Le problème est donc simplement que le monde n’étant pas organisé d’une façon transparente et simple, les livres qui s’y intéressent ne le sont pas non plus. Les livres doivent permettre de vous préparer à affronter cette complexité. 


Règle 2

Il faut organiser son travail autour d’un problème (ou d’un nombre limité de problèmes ou de thématiques). 


Supposons que vous cherchiez à travailler sur les émotions. Il faut que vous fassiez la liste des problèmes qu'elles posent, que vous énumériez les thèses possibles à leur sujet. Il ne faut pas oublier de lier ce problème à des problèmes plus lointains : le langage et la rhétorique, le corps et l’esprit, la politique, la religion. Pour cela il faut utiliser les livres comme des outils. Vous verrez qu’en choisissant un point de départ apparemment restreint vous finirez par traiter du reste avec efficacité. Travailler de cette façon facilite le travail de mémorisation et permet de devenir rapidement très compétent sur un domaine, cela tout en développant une approche personnelle. En histoire ou ailleurs, on peut utiliser la même technique en s’intéressant par exemple à une période donnée ou à un type d’explication que l’on privilégie (en lisant par exemple des historiens qui privilégient les explications économiques, etc.). En gros, il faut organiser ses lectures autour d'un axe principal. 


Règle 3

Il est important de s’intéresser plus particulièrement à un philosophe (à un courant ou à une école). 


En philosophie, il est important de lire et d’approfondir un philosophe en particulier. Ce qui n'interdit pas de lire une histoire de la philosophie. En histoire, il est sans doute intéressant de s’intéresser d’abord à une période particulière voire à un fait particulier, pour voir ce que peuvent en dire des historiens différents. Mais la lecture d'une histoire générale peut-être utile pour avoir une vue chronologique claire de l'histoire du monde. En histoire on peut aussi s’attacher à une école, comme celle des annales, pour comprendre les principes qui gouvernent les travaux de ses membres.

Il est toujours bon de multiplier les points de vue sur un seul phénomène : c’est excellent pour l’imagination, l’inventivité et la mémoire. En mathématique, il est souvent profitable de lire la littérature sur un problème en commençant par des articles anciens, de façon à comprendre clairement ce problème et les solutions qu’on y a apportées. 


Règle 4

Il est important de lire des textes de difficulté progressive 


En constituant votre bibliographie et en entamant vos lectures, commencer par les textes de base, les textes séminaux ou introductifs. Cela permet de planifier son travail en énumérant les problèmes, les thèses possibles, etc. Cela facilitera les lectures suivantes qui s’ordonneront autour d’une ligne directrice. Cela permettra également de gagner du temps. N’hésitez pas à lire les originaux, souvent plus clairs et puissants que les commentaires. Ne faites pas de fiche sur les commentaires : vous pouvez insérer des notes sur les commentaires dans votre fiche principale (si c'est un commentaire classique), ou vous servir du commentaire pour faire votre fiche (s'il s'agit d'un manuel d'introduction scolaire).


Règle 5

Il est important de lire diverses choses 


S’il ne faut pas s’attacher à trop de problèmes, il faut multiplier les points de vue. C’est à cette seule condition que l’on peut voir les différences entre les approches et gagner en subtilité et en précision. S’attacher à une seule approche d’un problème, c’est risquer de ne pas voir le phénomène lui-même, qui est l’objectif de l’enquête : on prendra pour un fait ce qui n’est qu’une thèse sur un fait. 


Règle 6

Il est important de lire plusieurs choses en même temps. 


Il ne faut pas hésiter à multiplier les lectures et à lire plusieurs choses en même temps : des choses difficiles et d’autres plus faciles. On peut lire beaucoup, mais rarement une seule et même chose de façon continue, surtout lorsqu’il s’agit d’un texte technique. Il ne faut pas non plus hésiter à relire. Lire des choses faciles en plus des choses difficiles permet de ne pas s’effondrer psychologiquement. 


Comment lire ? 


Lire ne consiste pas simplement à fixer son regard sur des pages en les tournant au fur et à mesure. Lire est une activité complexe, le plus difficile étant de garder une trace de sa lecture. Rares sont ceux qui peuvent conserver une trace précise et utile de leur lecture sans aucun travail. Cela peut se produire chez des gens qui, ayant une longue habitude d’un sujet, peuvent insérer immédiatement un livre dans leur mémoire déjà ordonnée. Cela se produit également, d'une autre façon, chez ceux, très rares, qui ont une mémoire photographique. Plus vous êtes novice sur un sujet, plus la lecture sera difficile (et sans doute, aussi, excitante) : il s’agira de comprendre le texte et d’organiser votre esprit pour qu’il en garde une trace. C’est pourquoi il est important de bien organiser son travail : plus il est organisé (travail systématique sur un thème ou une période par exemple, plus vous facilitez le travail de mémorisation). 

Il est inutile de lire sans garder trace de sa lecture. Il ne s’agit pas simplement de prendre des notes, il s’agit de fabriquer une trace précise des thèses 


Ce qu’il faut faire

Ce qu’il ne faut pas faire

Il faut écrire.

Ecrire permet de

  • conserver une trace écrite de ce que vous avez lu, trace à laquelle vous pourrez vous référer plus tard. En général on a oublié le contenu du livre (en tout cas ce qui en fait l’intérêt), quelques semaines plus tard, voire quelques jours plus tard.
  • comprendre et mettre de l’ordre dans ce que vous retenez du livre

Lire sans écrire est une perte de temps. A moins d’avoir une excellente mémoire (qui en général n’est l’apanage que de certains autistes), vous aurez oublié ce que vous aurez lu deux semaines après, notamment les détails, ce qui importe le plus puisque si vous connaissez les thèses d’un livre sans en connaître les arguments, il vous manque le principal. Ensuite écrire permet de digérer le contenu du livre et de se l’approprier. Souvent, en écrivant, un processus de compréhension plus fine se met en place.

Il faut progresser dans sa lecture même si on ne comprend pas tout. Mieux vaut lire vite et plusieurs fois que lentement une seule fois (il y a des exceptions : un texte de mathématique se lit lentement, mais rien n'interdit de le parcourir vite au début ; il en va de même pour un texte philosophique). Il ne faut lire lentement que les passages qui semblent cruciaux, qui peuvent faire l’objet d’un repérage lors d’une première lecture (on peut les repérer avec des Post-it par exemple, ou bien bousiller son bouquin avec un affreux feutre fluorescent).

Attention toutefois à ne pas prendre trop de notes. Il faut aller à l’essentiel et ne pas bloquer sa lecture. Certains, voulant garder trace de tout, notent des choses sans importance et ne progressent pas dans leur lecture. Intéressez-vous aux lignes principales, les détails seront mémorisés à force de relecture.

On peut lire uniquement certaines parties d’un livre. Il n’est pas nécessaire de lire complètement tous les livres, notamment les manuels, commentaires et autres livres utilitaires.

Lire un livre en son entier si on n'a besoin que d'une seule partie. 

 

En résumé :

  • On ne peut pas lire sans écrire, résumer, ficher 
  • Lire suppose de relire ; mieux vaut lire plusieurs fois vite qu'une fois lentement
  • Plus on lit, plus on comprend. 
  • Il ne faut donc pas s’attacher à vouloir comprendre une partie d’un livre avant de lire la suite. Il faut lire la suite et revenir. 
  • Lire avec aisance suppose d’avoir lu beaucoup d’autres choses : c’est la multiplicité des lectures, les interactions entre elles, les perspectives qu’une lecture jette sur une autre qui font qu’on ne reviendra jamais sur un livre sans y découvrir toujours de nouvelles choses. Dites vous bien que si lire vous paraît difficile maintenant, tout sera plus facile plus tard.
  • La lecture suppose aussi d’être actif, de chercher où la personne veut en venir, de savoir en quoi sa thèse est différente d’une autre thèse. Il faut aussi chercher à comprendre, c'est-à-dire reprendre la démarche et la reconstruire. 

Faire une fiche de lecture. 


Pourquoi faire des fiches ? 


Ne négligez pas le travail d’écriture concomitant de la lecture et forcez vous à l’accomplir : si vous travaillez à partir de vos notes, il faut les utiliser vite car il est fort possible que vous ne les compreniez plus quelques jours plus tard ; si vous travaillez sans notes, ne faites pas confiance à votre mémoire. 

Commencez les fiches au plus tôt dans vos études et n’hésitez pas à lire des classiques, des romans ou n’importe quoi d’autre même s’ils ne sont pas nécessairement dans les bibliographies. Que vous alliez en histoire, en psychologie, en mathématiques, en physique, en géographie, il faut vous familiariser le plus tôt possible avec les sources et notamment les textes de première main en langue française ou étrangère. En histoire, lire les grands historiens, comprendre leurs méthodes, lire des livres d’historiographie, d’économie, de sociologie, les sources romaines et grecques permet d’avoir une connaissance précise des objets historiques et de vous forger une vision originale et précise de l’histoire. Le cours du professeur peut suffire pour avoir son année, mais ne suffit pas pour faire un historien et encore moins pour développer une conception personnelle et originale. Il en est de même dans les autres matières. En mathématique, la lecture d’articles anciens (que l’on trouve souvent sur internet) permet de se familiariser avec certains problèmes et de mieux comprendre les résultats contemporains. Souvent les articles originaux sont plus clairs que les manuels du fait qu’ils permettent de comprendre à partir de quel problème a surgi la solution proposée. En physique, la lecture des grands physiciens, même anciens permet de mieux comprendre la vision du monde de la physique contemporaine et les problèmes auxquels elles apportent des solutions. On ne peut comprendre véritablement ces problèmes qu’en ayant une connaissance au moins minimale de leur histoire. On peut bien sûr se contenter de faire des calculs : ça rapporte de l'argent et c'est parfois utile, mais c'est moins intéressant.

Le mieux est de faire ce que dans le jargon technique on appelle une fiche de lecture. Le mot fiche vient du fait que souvent les manuels de méthodologie conseillaient de les réaliser sur des feuilles de bristol, classées ensuite dans une boîte destinée à les recevoir. Ce qui nous conduit à notre premier point. 

Sur quel support faut-il réaliser une fiche ?


Vous pouvez en fait réaliser vos fiches sur des cahiers, des feuilles volantes. Je vous conseille toutefois de les réaliser avec un traitement de texte et d'utiliser des fichiers informatiques. Cela a plusieurs avantages : 
  • vous avez les avantages des fiches papiers puisque vous pouvez les imprimer (ce qui peut servir si tous vos périphériques de stockage lâchent en même temps ou en cas de disparition de certains formats de fichiers, deux éventualités très improbables, quoique la seconde soit possible [en ce cas mieux vaut utiliser des formats libres, comme des fichiers LATEX ou des fichiers OpenOffice]) ;
  • vous pouvez revenir sur vos fiches, les compléter facilement (même quelques années après). La fiche papier ne permet pas ces retours en arrière. 
  • la fiche informatique est plus lisible : la fiche doit être utilisable plusieurs années (toute votre vie) : il serait dommage de ne pas pouvoir les relire où les compléter. 
Rien ne vous empêche par ailleurs d'avoir des cahiers, etc. 

Que faut-il mettre sur une fiche ?


Une fiche n’est pas un ensemble de notes prises sur un livre. Le fait de prendre des notes est insuffisant, sauf s’il s’agit de notes de réflexion. Le risque est aussi que vous recopiez tout le livre sans que cela serve à rien. Une fiche est ce que l’on écrit après réflexion sur le livre ou sur les notes. Une fiche peut être plus ou moins longue en fonction des objectifs visés. Essayez de vous fixer une limite de taille (c'est très facile avec l'outil statistique du traitement de texte), ce qui vous oblige à être concis et à éliminer certains points moins importants. Le travail de fiche est aussi un travail d'organisation et de mémorisation. 

Il existe différents types de fiches, dont voici quelques exemples : 

  • La fiche de lecture ordinaire—Une synthèse précise qui expose le problème, la thèse et les principaux arguments, sans nécessairement détailler. On peut aussi y mettre des pages importantes ou n’importe quoi d’autres qui peut nous sembler utile. Pour un roman, on peut mettre la trame de l'histoire, les principaux personnages, ce que l'on a aimé, ce à quoi l'on a pensé, etc.
  • La fiche sur un ensemble de problèmes  — On essaie d’établir une liste de problèmes, ordonnée de façon systématique, de façon à pouvoir organiser son travail et établir les liens entre les réponses apportées aux problèmes. Cela permet de cerner les problèmes communs à différents livres ou à différents auteurs sur un sujet donné. Il s'agit d'une réflexion sur un ensemble de lectures ou d'un ouvrage introductif.
  • La fiche sur un ensemble de solutions —On fait la liste des solutions ou des approches possibles sur un problème. Cela permet par exemple de comparer les approches de différents livres ou de différents auteurs sur un problème donné. Il s'agit d'une réflexion sur un ensemble de lectures ou d'un ouvrage introductif. On peut combiner ce type de fiche et la précédente (on verra alors que des thèses différentes rencontrent des problèmes différents).
  • La fiche sur une thèse— On présente une thèse, ses conséquences, ses défenseurs, ses détracteurs. 
  • La fiche sur un argument— On présente un argument, dans un livre ou plusieurs.
  • La fiche sur un auteur— On présente un auteur et quelques thèses principales. 

Il peut également être intéressant de faire des fiches généalogiques ou chronologiques. Je trouve que le fait de procéder par problème est intéressant puisque cela permet de donner un sens à sa fiche. 

Pour conclure 

  • La fiche permet de garder une trace de sa lecture et le travail effectué pour la faire permet de mémoriser son contenu et d’avoir vraiment compris ce que l’on a lu. 
  • Mieux vaut une fiche pas terminée ou mal fichue que pas de fiche du tout. 
Attention Certains livres ne se prêtent pas au fichage : utilisez-les pour faire des fiches sur d’autres ouvrages ou relisez-les plusieurs fois pour les garder en mémoire. Par exemple, un manuel ne se fiche pas : souvent, il est lui-même un ensemble de fiches. Vous pouvez le recopier si cela vous aide à mémoriser, mais le résumer est sans aucun doute une erreur. Le mieux est de le relire.